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La population de la république de Maurice s’élève à 1,2
million d’habitants et est composée de différentes ethnies: 68% de la
population est d'origine indienne (dont 51 % de religion hindouiste et
17 % sont de religion musulmane); ils sont suivis des Créoles (27%),
des Chinois (3 %) et des Européens (2 %), surtout des francophones (env.
37 000), et aussi un certain nombre d’anglophones (env. 3000).
En somme, deux habitants sur trois sont d’origine indienne. Ce sont les
descendants de travailleurs venus dans les plantations, après l’abolition
de l’esclavage (1835) par la Grande-Bretagne.
Les autres Mauriciens sont des métis (ou “créoles”) descendant des premiers
esclaves et des colons français, puis des Chinois (arrivés après les Indiens)
fort actifs aujourd’hui dans les commerces d’alimentation.
Bien que la langue officielle de la république de Maurice
soit l’anglais, la majorité de la population, qu’elle soit d’origine africaine,
métisse ou indienne, parle le créole mauricien dans une proportion de
55 %
En créole, on l’appelle le morisyen, mais en français on parle du créole
franco-mauricien, une conséquence de la colonisation française qui a duré
un siècle.
Il faut préciser que 18 % des Mauriciens de toutes ethnies parlent aussi
ce créole comme langue seconde pour un total de 800 000 locuteurs, c’est-à-dire
73 % de la population.
C’est pourquoi le français, en raison de ses similitudes linguistiques
avec le créole mauricien, reste la langue européenne la mieux comprise
par l’ensemble des Mauriciens, et ce, d’autant plus qu’il est parlé comme
langue maternelle par 37 000 Franco-Mauriciens, contre 3000 pour l’anglais.
Soulignons, par ailleurs, que le créole mauricien, ainsi que celui de
l’île Rodrigues (appelé le créole de Rodrigues), est plus près du créole
martiniquais et du créole guadeloupéen des Antilles que celui de La Réunion
parlé juste à 200 km plus loin dans l’océan Indien.
Quant à la population d’origine indienne, de nombreux locuteurs
ont conservé leur langue d’origine: ils parlent le bhojpouri (30 %), l’ourdou
(5,8 %) ou le tamoul (2 %); les deux premières sont des langues indo-iraniennes
alors que la dernière fait partie des langues dravidiennes.
Pour ce qui est des 35 000 Chinois, outre le créole, ils
parlent des langues sino-tibétaines, soit le chinois hakka, soit le chinois
wu, soit le chinois mandarin.
Il faut retenir que l’anglais et le français constituent pour tous les
Mauriciens, à l’exception des Franco-Mauriciens et des Anglo-Mauriciens,
des langues étrangères.
Tout le monde parle le créole mauricien ou une langue indienne (ou chinoise),
sauf les quelques “Métropolitains” britanniques ou français. Soulignons
que la connaissance du français et de l’anglais est variable dans la population,
elle dépend grandement du degré d’instruction des individus. Il est plus
facile pour la majorité des Mauriciens d’apprendre le français que l’anglais
en raison des affinités linguistiques avec le créole et en raison également
du prestige dont jouit le français au point de vue culturel.
L’anglais, pour sa part, souffre de son isolement linguistique par rapport
au créole. Rares sont les Mauriciens qui affirment savoir plus l’anglais
que le français, à l’exception des Indo-Mauriciens et des Sino-Mauriciens
toujours plus familiers avec l’anglais qu’avec le français. Mais on aurait
tort de croire que ces groupes ethniques ignorent le français. Ils le
connaissent moins, c’est tout.
L’anglais est la langue de l’État, mais les fonctionnaires connaissent
plus le français que l’anglais...
Dans les faits, le français est nettement la deuxième langue (après le
créole) des habitants de l’île Maurice et l’anglais, la troisième, et
ce, même pour les Indo-Mauriciens et les Sino-Mauriciens. C’est probablement
cette situation qui porte certains à dire que “tout le monde parle en
français, mais tous écrivent en anglais”. Enfin, les Mauriciens pratiquent
la religion hindouiste dans une proportion de 52 %; les catholiques comptent
pour 26 %, les musulmans pour 16,6 %, les protestants pour 2 %. Les diverses
autres religions forment 3 % de la population.
Sources : CIRAL (Centre de International deRecherche
en Aménagement Linguistique)
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