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CARNET DE VOYAGE
Pêche à la Palangrote 1999-2004
Cette méthode de pêche est largement
pratiquée sur tout le pourtour du continent africain et bien sûr
dans les îles de l'océan indien.
Pas de filet, pas de canne. La méthode est simple et ancestrale,
juste une bobine de fil, avec hameçon et appât et surtout
un bon guide, connaissant bien les fonds marins et les zones poissonneuses.
Lors de mes séjours à Maurice, j'aime
aller à la pêche. Pêche au gros à la traine,
pêche à la palangrote, pêche au calamar, ou tout simplement
au bord du lagon, avec une canne.
Se retrouver seul, au petit matin (mais déjà 22 °),
face à cet océan bleu-turquoise, c'est quelque chose de
magique, d'indéfinissable. Une véritable sensation de liberté.
Le touriste qui ne fait que passer dans cette île, sans s'arrêter
un instant, en restant confiné dans son hôtel ou Club ne
peut comprendre cela. La liberté existe messieurs-dames, prenez
le temps de vous poser un instant, avec ou sans canne à pêche.
Contemplez ce magnifique spectacle qui s'offre à vous au petit
matin, loin du bruit de vos cités et de l'animation de vos hôtels.
Logeant à la Pointe aux Canonniers, à
50 mètres de la mer, je n'ai que l'embarras du choix pour la pêche.
Pour la Palangrote, j'ai choisi "P'ti Karl", jeune pêcheur
d'une trentaine d'année, son père pêchait déjà,
son grand-père aussi. Il connait parfaitement le lagon, c'est son
gagne-pain quotidien et pour arrondir les fins de mois, il vous emmène
pêcher avec lui.
Pas très bavard au premier abord, au bout d'un moment, lorsqu'il
se sent en confiance, il se met à vous conter son lagon, la pêche,
Maurice...
Et il vous pose des questions sur la France, Paris, un univers qu'il ne
connait pas et qui l'intrigue. Je lui dis que la vrai vie, elle est ici,
et qu'il a bien de la chance de pouvoir contempler chaque matin ce paysage
magnifique. Seul sur sa barque, avec le bleu du ciel qui se noie dans
l'océan et avec pour toile de fond l'Ile Maurice qui se pare de
milles et une couleurs. Chanceux le "P'tit Karl" de pouvoir
vivre en liberté, sans contrainte d'horaire et dans un univers
encore préservé de la folie des hommes.
Il m'avoue qu'il ne quitterait son île pour rien au monde. Ici il
a la liberté qu'ailleurs il lui faudrait gagner, mais il aimerait
bien visiter Paris... Notre mode de vie l'intrigue, la Tour Eiffel le
fascine... Nous parlons un petit moment de Paris, de la France et puis
nous revenons à notre pêche, à Maurice...
Le départ pour la pêche se fait dès que le soleil
se lève à l'horizon, c'est à dire très tôt
!
Nous passons la barrière de corail et nous éloignons un
peu au large, vers l'île du Coin de Mire. Le paysage est splendide.
Le soleil se lève sur la pointe nord de l'île... "il
est 7 heures, Maurice s'éveille !"
"P'ti Karl" prépare les lignes avec les appâts,
nous mettons à l'eau et laissons la barque dériver.
L'eau est translucide et je vois mon appât plonger au fond de l'eau,
à une profondeur de 10/15 mètres. Dès que je touche
le fond, je remonte un peu de fil, pour éviter de m'accrocher aux
rochers et j'attends que le poisson morde. Cela ne tarde jamais, car "P'ti
Karl", comme tous les bons pêcheurs mauriciens connait bien
les fonds marins et les endroits poissonneux.
L'idéal est de se laisser dériver le long d'un récif
de corail, car c'est là que les poissons viennent se nourrir.
La technique est simple, mais tout réside dans le doigté,
dès que l'on sent le poisson mordre, il faut tirer d'un petit coup
sec et vite remonter la ligne, car sinon le poisson risque de s'échapper,
voire même souvent d'entrainer l'appât dans une cavité.
Cela paraît simple, mais l'on rate souvent sa prise, ou l'on s'accroche
aux rochers!
Pour nous aujourd'hui, la pêche a été
bonne, avec de belles prises ; Vieilles Rouge, poissons Perroquet et même
un poisson Scorpion (dangereux, car venimeux)
Le retour de la pêche est toujours un moment
sympathique. Déjà parce que ma femme m'attend sur la plage
pour accueillir le "pêcheur" du lagon, et parce que le
retour d'une barque de pêche est toujours attendu par quelques curieux
ou acheteurs, qui désirent voir le poisson pêché ou
l'acheter.
"P'ti Karl" est heureux, il a gagné sa journée,
la pêche a été bonne et les 500 roupies que je lui
ai donnés lui ont payé son essence.
Je ne repars pas bredouille, j'emmène avec moi quelques beaux poissons
que nous ferons griller ce soir sur la terrasse du bungalows. Et après
nous irons admirer les étoiles, allongés sur la plage...
D. Grattepain 2004
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